PFAS à Bruxelles : Le nouveau gouvernement doit mobiliser les compétences régionales pour prendre des mesures restrictives fortes

Communiqué de presse 4 mars 2026

We Are Nature.Brussels – Cellule environnement de la Société Scientifique de Médecine Générale, Nature & Progrès Belgique, Client Earth.

Face au coût environnemental, sanitaire et économique gigantesque des PFAS, des associations de la protection de la nature, de la santé, belges et européennes, interpellent le gouvernement bruxellois.

La Région a le pouvoir et le devoir de prendre des mesures efficaces dans le cadre de ses compétences. Elle est tenue d’agir sans délai, sans attendre les initiatives d’autres niveaux de pouvoir, fédéral ou européen, qui tardent.

Les associations donnent trois exemples de contaminations aux PFAS sur lesquelles la Région peut et doit agir :

  1. Le site Sicli à Uccle, hautement contaminé, qui ne fait toujours pas l’objet d’un suivi adéquat. La Région a mesuré la contamination dès le mois de mars 2023, mais n’a pris de mesures de prudence qu’à partir de juin 2025. A ce jour, la Région refuse toujours de proposer un biomonitoring aux personnes susceptibles d’être le plus impactées, et n’a toujours pas mis à jour la carte de suspicion de pollution aux PFAS avec les nouvelles mesures de pollution des sols et des eaux qu’elle a réalisées ou a fait réaliser. Cela pose un problème manifeste. La Région bruxelloise doit remédier à ces lacunes sans plus de délai.
  2. L’usine Allnex à Drogenbos, à 150 mètres de la frontière régionale, rejette des PFAS dans la Senne. Elle demande une prolongation de l’autorisation de ces rejets (avec diminution de certains niveaux d’émissions). Les niveaux de contamination renseignés par l’entreprise montrent cependant des incohérences, alors que la Région flamande a établi des zones de risque qui touchent la commune de Forest, et jouxtent le Bempt où la Région Bruxelloise envisage d’installer un stade de 16.000 places. Bruxelles doit demander des précisions à Allnex, monitorer le taux de PFAS à l’entrée de la Senne dans la Région, et réduire le risque pour la population.
  3. Certaines boues issues de la station d’épuration Nord de Bruxelles, contenant des PFAS, sont envoyées en compostage vers des terres agricoles à Graincourt en France. La Région bruxelloise ne réalise pas de monitoring de la concentration en PFAS de ces boues, mais a déjà détecté une contamination passée. Actuellement, un grave scandale sanitaire secoue la Meuse et les Ardennes françaises, dont les terres agricoles et les eaux sont très fortement contaminées au PFAS par le déversement de boues industrielles. Tant qu’elle n’est pas en mesure d’établir l’innocuité de ces déchets, la Région doit stopper la filière d’épandage sur des territoires voisins.

La Région bruxelloise doit restreindre autant que possible l’usage des PFAS sur son territoire, en adaptant les outils légaux actuels ou le cas échéant en créant de nouvelles bases légales ad hoc.

Les associations signataires ont demandé une audience au nouveau ministre-président afin d’identifier sans délai les solutions à mettre en œuvre pour réduire strictement l’usage des PFAS à Bruxelles, protéger l’environnement, la santé de la population, et réduire les impacts financiers gigantesques de cette pollution.

Vous trouverez les développements dans le document ci-dessous.

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