À Bruxelles, des associations d’agriculture urbaine et de défense de la nature s’allient pour défendre les sols vivants bruxellois
Résumé : Pour la première fois à Bruxelles, neuf associations bruxelloises de l’agriculture urbaine (AU) et de la nature s’allient et demandent une meilleure protection des sols vivants. L’AU et la nature sont complémentaires et sont des maillons essentiels de la résilience bruxelloise. Ces fonctions doivent être renforcées dans le prochain PRAS. Huit pistes de solutions concrètes sont avancées. Le document de positionnement est transmis aux autorités bruxelloises. Les associations poursuivront leur mobilisation en intervenant tout au long du processus de révision du PRAS.
Une alliance inédite, un message urgent
Ce 4 février 2026, neufs associations bruxelloises actives dans l’agriculture urbaine (AU) et la protection de la biodiversité ont adressé aux directions des partis politiques et aux administrations régionales compétentes1 un texte de positionnement commun et le message clé suivant : « Les acteurs de terrain appellent d’urgence à une meilleure protection de la nature en ville et de l’agriculture urbaine, toutes deux menacées par l’artificialisation, la pollution et la dégradation de la qualité des sols. »
C’est la première fois à Bruxelles que des associations spécialistes de l’agriculture urbaine, qu’elle
soit professionnelle, citoyenne ou hybride, et des associations dédiées à la compréhension et à la
protection de la biodiversité, des espaces naturels et des sols, réalisent un travail conjoint d’analyse de la situation et d’élaboration de solutions concrètes.
AU et nature complémentaires et essentielles pour la résilience
« Telle que développée à Bruxelles, l’AU adopte des pratiques durables respectueuses des cycles
naturels et biologiques. Ces pratiques améliorent la qualité des sols et de l’eau, favorisent la
biodiversité (faune et flore locales) et la gestion écologique d’espaces ouverts, et créent des zones relais écologiques dans un environnement urbain souvent minéralisé », explique Gaëtane Charlier, coordinatrice de la Fédération bruxelloise des professionnel.le.s de l’Agriculture Urbaine (FedeAU).
Réciproquement, « les espaces naturels en ville contribuent directement au bon déploiement de l’AU, qui s’appuie sur l’action conjointe d’un sol vivant, de la végétation alentour, de la faune, de
l’eau et de l’air non pollués pour produire sainement » souligne Francisco Davila de l’Agroecology Lab.
La révision du PRAS, une opportunité pour protéger les sols
« Ce travail de plus d’un an entre acteurs de l’agriculture urbaine et de la biodiversité à Bruxelles
témoigne du besoin de prendre le plus grand soin des sols. Alors qu’ils sont mis sous pression par la pollution, l’artificialisation, l’urbanisation, nous redécouvrons qu’ils sont précieux et
irremplaçables. Pour l’AU comme pour la biodiversité, il est crucial d’en envisager les usages les
meilleurs et les plus parcimonieux. » précise Christina Gens, du collectif TuiniersForum des
Jardiniers.
Le Plan Régional d’Affectation du Sol (PRAS) dont la révision est en cours, permet de protéger les sols vivants en encadrant et limitant les usages. Mais le PRAS actuellement en vigueur a de facto permis l’imperméabilisation de plus de la moitié (53%) du territoire et a conduit à l’apparition de fonctions urbaines « faibles » (nature, AU, logements abordables, services locaux) et des fonctions « fortes » (immobilier, luxe, tertiaire) qui sont mises en concurrence sur les derniers sols vivants.
Cela entraîne la destruction de « services écosystémiques » indispensables à la ville (production de nourriture, régulation thermique par la végétation et les masses d’eau, absorption des eaux pluviales par les sols, filtration de l’air, habitat de la biodiversité, etc.).
« Ce modèle d’urbanisation continue des sols aggrave la crise écologique, sans résoudre les
besoins sociaux, et nuit à la santé et au bien-être des citadins, surtout des plus vulnérables. Il faut donc faire autrement », observe Jean-Baptiste Godinot de We Are Nature.Brussels.
Un PRAS, deux temps, huit mouvements
« Le prochain Plan Régional d’Affectation du Sol (PRAS) devra rééquilibrer les usages du sol au
profit de fonctions dites faibles que sont la nature et l’agriculture. Celles-ci ont des besoins
spécifiques qui nécessitent une planification équilibrée à l’échelle régionale, qu’il faut intégrer
dans des dynamiques globales de préservation de l’existant, de débétonisation et de développement de nouvelles zones naturelles et agricoles » détaille Charlotte Simon,
Coordinatrice de projets chez Natagora.
Pour atteindre cet objectif, les 9 associations distinguent deux temps et huit mouvements.
Deux temps :
● Avant l’adoption du nouveau PRAS : assurer une protection temporaire forte des espaces
non-artificialisés existants, dédiés à l’agriculture ou non ;
● À l’adoption du nouveau PRAS : les prescriptions littérales et graphiques qui déterminent
les usages du sol devront effectivement renforcer l’agriculture urbaine et la nature à
Bruxelles.
Huit mouvements :
● Assurer une protection forte des espaces naturels et des terres agricoles dans le prochain
PRAS. L’artificialisation de tous les sols non-imperméabilisés doit être l’exception ;
● Désartificialiser pour créer de nouveaux espaces dédiés à la nature et/ou à l’AU ;
● Renforcer les couloirs écologiques et leur intégration dans le PRAS ;
● Créer un droit de préemption sur les terres agricoles et des mécanismes de régulation du
marché des terres agricoles contre la spéculation ;
● Mettre à jour et préciser les outils cartographiques pour mieux connaître la situation
existante (SitEx, cartes de Bruxelles Environnement, etc.) ;
● Renforcer les dispositifs légaux et réglementaires actuels, dont “l’ordonnance nature” du
premier mars 2012, et limiter fortement les possibilités de dérogations,
● Poursuivre la restauration du réseau hydrographique,
● Créer les « Etats Généraux des Sols » comme organe consultatif sur les usages des sols.
« Vu l’urgence de renforcer la résilience environnementale, alimentaire et climatique de la ville,
prendre des mesures ambitieuses pour la protection et la restauration des espaces naturels et le
renforcement de l’AU doit devenir un enjeu prioritaire des politiques publiques bruxelloises »
soulignent les associations signataires.
Agroecology Lab – ULB / CCN Vogelzang / La Fédération bruxelloise des professionnel.le.s de
l’Agriculture Urbaine (FedeAU) / Le Début des Haricots / Les Ami.e.s du Chant des Cailles / Mission Locale de Saint-Gilles (Biotiful) / Natagora / TuiniersForum des Jardiniers / We Are Nature.Brussels
Découvrez le texte de positionnement : « Défendre les sols vivants bruxellois. L’alliance nature et agriculture durable ».
Téléchargez le communiqué de presse en Français.
Persbericht in het Nederlands.

